Entreprise 2020, un partenariat incontournable PME – Grandes Entreprises

CIGREF-PME-GE-Bercy-2015PME du numérique
et Grands Comptes,
une chance pour la France

Ce leitmotiv « PME du numérique et Grands Comptes, une chance pour la France » a rassemblé à Bercy, devant une salle comble, des acteurs représentatifs de l’écosystème numérique en France : le CIGREF, le Syntec numérique, Pacte PME… en présence d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du numérique et « ambassadrice » de la French Tech.

Si le CIGREF a été un acteur engagé de cette matinée, c’est que depuis longtemps il est convaincu de l’intérêt réciproque qu’ont les Grandes Entreprises et les PME à entretenir des liens leur permettant de développer ensemble une offre industrielle.

position-cigref-syntecIl y a 10 ans en effet, il signait avec le Syntec numérique une première charte, renouvelée en 2014 pour réaffirmer leurs positions communes et relancer leur démarche de coopération.

De plus en plus, développer les relations entre petites et grandes entreprises est un enjeu économique national et constitue un facteur essentiel de relance. C’est un élément de cohésion économique entre acteurs industriels petits et grands, indispensable au développement à court et moyen terme de la filière numérique. C’est notamment ce qu’est venu expliquer la ministre Axelle Lemaire.

Faciliter l’ouverture des marchés publics et privés aux PME, un enjeu économique !

barometre-PME-ETI 2015La ministre Axelle Lemaire partage pleinement le constat figurant au Baromètre PME/ETI que propose le Syntec numérique. Il fait le constat que si 74% des PME sont intéressées par les marchés publics, l’accès reste toujours difficile pour 77% d’entre elles, notamment parce qu’elles ont des difficultés à entrer en relation avec les grands comptes.

Dans ce contexte, quelles sont les actions menées par le Gouvernement ? « Nous sommes peut-être à la croisée des chemins, au moment où beaucoup d’actions ont été engagées mais, comme un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse, les résultats peinent encore à se faire entendre ! D’où l’importance de rencontres comme celle d’aujourd’hui. J’en profite pour remercier très chaleureusement les trois structures qui l’organisent : le Syntec numérique, le CIGREF et Pacte PME ».

A-LemaireLa ministre explique que se mobiliser pour les PME et PME innovantes est également un enjeu dans la bataille pour l’emploi. « Je soutiens la French Tech, les start-up françaises et petites entreprises en capacité de proposer une véritable offre industrielle, notamment aux grands comptes. Derrière ce label French Tech, il y a la capacité de notre pays et de ses entreprises à innover. C’est un état d’esprit que nous souhaitons insuffler à l’ensemble du tissu économique et industriel ».

Elle revient ensuite sur l’accès à la commande publique, en précisant : « Il faut commencer à balayer l’escalier par le haut, c’est-à-dire s’attaquer à la commande qui vient de l’Etat. En 2012, le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi a instauré un principe, celui de l’Etat acheteur exemplaire pour stimuler l’innovation, accompagner le développement des PME. Un objectif ambitieux avait été fixé : atteindre en 2020 un volume de 2% de la commande publique de la part de l’Etat. Des actions concrètes ont été menées à plusieurs niveaux. A un niveau stratégique, avec la publication de feuilles de route pour chacun des ministères et établissements publics. A un niveau opérationnel, avec la désignation de « référents innovation » au sein de chaque ministère pour faciliter et coordonner les démarches internes d’achats innovants. En septembre 2014, nous avons créé le « partenariat d’innovation » qui couvre en amont la R&D et l’achat des produits, services, travaux innovants, sans qu’il soit nécessaire de procéder à de nouvelles mises en concurrence ».

Axelle Lemaire rappelle le rôle de la Plateforme des Achats d’Innovation de l’Etat qui permet aux PME de déposer des propositions spontanées à destination des ministères, et aux ministères d’exprimer des demandes précises. Elle évoque aussi trois évolutions importantes concernant le code des marchés publics : la généralisation de l’allotissement à tous les marchés et à tous les opérateurs, la dématérialisation de l’ensemble des procédures d’ici 2018, et enfin depuis le 16 septembre une mesure très attendue, le relèvement du seuil de formalités pour les marchés publics à 25000 €, ce qui devrait largement faciliter l’accès des PME aux marchés publics.

La ministre insiste sur l’importance de « rapprocher ces deux mondes, celui de l’économie numérique et celui de l’administration. Je voudrais retenir que le secteur du numérique aura représenté à lui seul en 2014 plus du tiers des achats effectués par l’Union des Groupements d’Achats Publics. Le numérique tire à 25% la croissance économique de la France pour l’année 2014. Il faut donc continuer à parier sur l’innovation et sur le numérique. Et en 2015, ce chiffre devrait progresser significativement ».

Elle souhaite enfin que la charte PME innovantes s’étende aux entreprises privées au sein d’une « Alliance de l’innovation ouverte ». Elle annonce également l’ouverture, en novembre 2015, d’une formation spécifique aux achats innovants pour les acheteurs publics avant de conclure : « Qu’il soit public ou privé, l’achat a très fortement évolué. Il a réussi à intégrer des problèmes de maitrise des couts, de développement durable. Tous les ingrédients sont réunis pour avoir rapidement le même constat en matière d’innovation. C’est le chantier auquel nous nous attelons ».

Une responsabilité collective pour réussir la transformation numérique de nos entreprises…

Après avoir fait le point sur les résultats du Baromètre PME/ETI, Véronique Torner, Présidente de la Commission PME de Syntec Numérique, conclut qu’il est urgent de réinventer les relations avec les PME du numérique !
« Il faut tuer deux idées reçues ! La première est qu’une PME du numérique serait une start-up. Il faut éviter l’amalgame entre PME innovante et start-up, amalgame qui a pour conséquence de mal flécher les PME vers les achats innovants, vers des prototypes et non vers des achats industriels. La seconde est que la transformation numérique demande plus que des prototypes réalisés. Elle demande plus qu’une « startupisation » de nos organisations !

Cette matinée a pour objectif de réveiller les esprits, de comprendre les difficultés, et de percevoir le chemin encore long à parcourir. Mobilisons-nous, agissons, soyons innovants ensemble, parce que nous avons une responsabilité collective à assumer pour réussir la transformation numérique de nos entreprises et de notre pays ».

Les PME du numérique et les marchés publics

Pierre Pelouzet, Médiateur National Inter-entreprises, évoque l’accès des PME à la commande publique, toujours insuffisante comme l’indique le Baromètre PME/ETI, alors qu’elle devrait être un formidable levier de croissance pour les entreprises. 82% des PME jugent complexe cet accès, alors que toutes souhaitent avoir cette opportunité. Parmi les difficultés rencontrées, il évoque la complexité des règles et procédures, l’inadaptation des outils et procédures ou encore la taille critique de certaines PME ne permettant pas toujours de développer en interne une compétence « achats publics ».

Comment le numérique peut-il faciliter l’accès à la commande publique ? Une première réponse est la dématérialisation des procédures, avec des mesures d’accompagnement pour rendre plus simple, plus lisible la commande publique. Autre réponse, favoriser le développement des usages du numérique. On peut citer aussi la généralisation de l’accès au marché public simplifié, qui permet de répondre avec un seul n° siret dès lors que l’acheteur public est identifié comme éligible au dispositif.

L’impact positif sur l’économie nationale de la commande publique, avec ses 200 milliards d’euros, représente non seulement des opportunités d’affaires pour les PME, mais aussi des références pour conquérir le marché international. La commande publique doit être également un levier de croissance pour la filière numérique. Elle doit profiter aux TPE-PME du numérique grâce au dispositif mis en œuvre pour soutenir l’innovation.

Innover, des relations inter-entreprises basée sur la confiance

Pierre Pelouzet, Médiateur National Inter-entreprises, relève deux chiffres sur le Baromètre PME/ETI du Syntec numérique. Ces deux chiffres montrent selon lui la complexité et les paradoxes des relations entre grands groupes PME. En effet, on constate une relation qui s’améliore. On passe d’une relation « plutôt ou fortement dégradée » qui était à 63% l’an dernier, réduite à 39% cette année. « Félicitations à Pacte PME, aux signataires de la Charte CIGREF et Syntec numérique, félicitations à tous ceux qui contribuent à faire évoluer ces chiffres. A mon niveau, je constate ce véritable travail pour mieux fonctionner ensemble, grandes et petites entreprises ».

Le paradoxe est que malheureusement, il reste les pratiques condamnées qui sont pour 79% la pression sur les prix, et pour 71% les paiements différés. Pierre Pelouzet interroge : comment peut-on travailler sur la confiance et payer en retard ? Il insiste sur le fait qu’il faut à la fois travailler à construire, encourager ceux qui construisent de meilleurs relations et arrêter les retards de paiements qui sont la cause de 25% des faillites d’entreprises. Il précise : « ils tuent les entreprises et ils tuent la confiance ! ».

« Innover cela se fait à deux si l’on a confiance ! C’est le travail de la Médiation avec 45 médiateurs dans les régions et une quinzaine à Paris : travailler sur la confiance dans les relations inter-entreprises ».

Regards croisés : pourquoi deux DSI ont choisi de collaborer avec une PME du numérique !

L’ACMS a choisi de travailler avec Blue Mind solution de messagerie open source.

  • Dominique Bouquet, Directeur des Système d’Information de l’ACMS et Pierre Baudracco , CEO de BlueMind, s’en expliquent.
    La demande de l’ACMS était la mise en place d’une solution de messagerie et agenda, avec l’exigence d’un haut niveau de sécurité, d’une grande disponibilité et des besoins d’évolutions fonctionnelles et techniques.
    Au bilan : une relation pérenne et forte, pas de surprise sur les coûts, transparence dans la relation.

Total S.A a choisi de travailler avec Talex pour concevoir et déployer de nouvelles pratiques de recrutement / mobilité, dans l’ensemble des filiales du groupe Total.

  • Jean-Marc Guiol, Directeur organisation, règlementation & SIRH de TOTAL S.A et Xavier Gresse, Managing Partner deTALEX font le point sur cette coopération.
    Le projet mis en œuvre est une solution SaaS et une grande partie des travaux sont faits à distance. La rupture dans le rôle de coordination et d’animation du projet change les attentes et ouvre le jeu à des prestataires de type PME.
    Au bilan, l’alliance fonctionne, le retour d’expérience sur ce projet permet d’envisager des approches similaires pour d’autres sujets.

Trois présidents résument leur engagement et leur partenariat pour les PME du numérique !

  • Pascal Buffard, Président du CIGREF, Président d’Axa Technologies Services
  • Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique, co-Président du Groupe Open
  • Christophe de Maistre, Président de Pacte PME, Président de Siemens France

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Développer un écosystème qui soit sensible aux PME

Christophe de Maistre, Président de Pacte PME, rappelle que le Pacte PME représente 55 grands comptes et  40 organisations professionnelles. L’association fédère environ 12.000 PME qu’il préfère qualifier comme étant « innovantes » plutôt que « start-up ».
« L’objectif est de faire en sorte que ces PME deviennent plus fortes et, rêve ultime, en faire des ETI. Nous avons pu mesurer depuis 2010 la part d’achats des grands groupes qui font partie de l’association. On est passé de 16% en 2010 à 25% ».
Il évoque également le développement des plateformes existantes : plateformes innovation, appels à projets. Le parrainage et la mutualisation contribuent également au renforcement des PME. « Lorsque des PME ont des difficultés à trouver des compétences, nous avons mis en place des outils, des plateformes qui permettent une mise en commun de compétences ». Une autre solution, le mécénat de compétences entre celles qui existent au sein des grands groupes et les PME qui peinent à les trouver.
Il est de l’intérêt vital de développer avec les grandes entreprises un écosystème qui soit sensible aux PME, notamment lié à la transformation du numérique !

Ne plus dire que l’on ne peut rien faire pour les PME !

Pour Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique, cet événement a permis d’ébranler deux idées reçues. La première, que Syntec numérique ne représente que les grandes entreprises. « Nous représentons 1500 entreprises, le marché du numérique en France est de 50 milliards et nous avons 85% de PME. Outre le fait de porter le numérique en France, notre mission est de soutenir, développer des PME. Nous avons montré que nous étions très ouverts. Nous menons une collaboration très importante avec les acteurs comme le CIGREF, le Médiateur ».
La deuxième idée reçue à tuer pour Guy Mamou-Mani est que l’on ne pourrait rien faire pour aider les PME à travailler avec les grands comptes ! Il explique que l’on peut être témoin de l’évolution vécue depuis quelques années. « Nous avons affaire à des interlocuteurs très responsables, citoyens, qui cherchent à changer les choses. Les liens créés avec le CIGREF sont vraiment très forts et nous travaillons ensemble pour trouver des solutions. Il faut que cela se sache : nous avons réussi des choses. Dans la majorité des cas, le seul fait d’évoquer la médiation permet d’améliorer la relation et de réduire un certain nombre de problèmes.
On explique aux interlocuteurs qu’ils ont besoin des entreprises innovantes. Ce message est écouté et entendu, nous en avons des témoignages. Nous le défendons aussi bien dans l’intérêt des grands clients que de notre pays ».

Seul on ne peut plus rien : œuvrer pour un écosystème étendu !

Pascal Buffard, Président du CIGREF, rappelle que le CIGREF est un Réseau de grandes entreprises qui a 45 ans d’existence et représente 140 grandes entreprises et administrations. « Depuis l’origine, il est dans nos gènes  d’établir les bases d’un dialogue à la fois constructif et loyal avec nos partenaires, ce que nous avons fait avec le Syntec numérique et de grands fournisseurs ». Il précise que depuis 2010 le CIGREF a l’ambition de faire de la culture numérique un véritable levier de transformation et de création de valeur pour les entreprises. Il évoque l’un des 9 défis pour l’entreprise 2020 figurant dans le dernier ouvrage du CIGREF : « Multiplier les partenariats, seul on ne peut plus rien ». On comprend ici ce matin que ce défi est une réalité !
« Nous avons fait en sorte de développer des relations avec un écosystème élargi. En effet, ce que nous vivons avec le numérique, c’est bien plus que l’introduction de nouvelles technologies. C’est ni plus ni moins que la transformation de nos business models. De ce point de vue, l’élargissement de nos entreprises à un écosystème étendu est une de nos préoccupations. Evidemment, dans cet écosystème figurent les PME innovantes qui conjuguent à la fois des compétences et une agilité que n’ont pas nécessairement les grandes entreprises ».
Le président du CIGREF précise qu’il reste beaucoup à faire. « Nous allons accélérer nos efforts en poursuivant des actions très concrètes, au-delà des processus engagées dans la promotion des PME innovantes. Nous avions notamment déjà présenté à nos membres des approches de services d’achats, mais nous sommes allés au-delà en leur présentant des PME qui avaient mis en œuvre avec succès des innovations dans les grandes entreprises ».
Il évoque des événements à venir avec le Club des Responsables d’Achats Informatiques pour sensibiliser à des approches permettant une intégration plus importante de PME. « Nous sommes aussi membre de la délégation française au CES de Las Vegas, cette année avec le MEDEF et la French Tech, où il n’y a pas que des start-up mais aussi des PME innovantes ».

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Cet article s’appuie sur les notes prises pendant la conférence, avec tous les risques d’interprétation que cela induit. Il n’engage donc pas les personnes citées.

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